L’espace caribéen sonne l’arrivée d’un poète de haute culture
Par Taberneau Louis-Jeune
Graviers d’ombre...Il se peut que ce recueil de poèmes enregistre le poète le plus sûr de ses mots que cette génération n’ait jamais connu. L’économie de ses mots tourne aux alentours d’une déconstruction. L’auteur dans sa maturité s’inscrit dans une perspective de transvaluation. Il n’hésite pas. Le poète frappe avec son style l’intelligence. Ce qui lancine le lecteur compétent n’est autre que cette femme invisible habitant le texte.
«j’ai encore la folie
d’épouser la main droite de mes obsèques » p. 16
« dans la jouissance des nouveaux murs
ma volonté s’exhibe à volonté d’escalier
où vibraient et s’égouttaient les ciels cousus de ta nudité » p. 17
Il écrit avec une paire de ciseaux. De quoi s’agit-il ? La profondeur de son imagination campe une science qui se dégage derrière une femme. D’un clin d’œil, on s’empresse à découdre une litanie de strophe exprimant le dévouement. Ce recueil de poème réveille ce genre en voie de disparition. Lire Samuel Dauphin alias Edgard Dauphin invite le lecteur à se rendre compte qu’il se plonge dans un univers acétique.
«se venger d’heures argileuses
l’aube danse sous la querelle des murs
ce soir les chiens ont vomi les relations sexuelles
sur l’épaule gauche du purgatoire » p. 21
«et les pluies s’habillent en marche-mi-nuit
dans les versets du sable
déluge recyclé s’orientent trêves
dans des coïts plissées de musiques » p. 22
Toute une litanie de nostalgie traverse ses mots. Cette femme onirique qui lui manque, sa ville natale, le bonheur et l’envie de respirer les airs de musique lui rongent. Enfin, cette douce notoriété qu’elle cherche silencieusement fait de ses poèmes une bombe atomique.
Taberneau Louis-Jeune
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