Présentation

L'animateur du blog

 

Samuel F. DAUPHIN  

 

Poète.Né en Haiti.

Il fait partie du collectif Ancre des dattes

sous la direction de Jean-Euphèle Milcé et de

Mackenzy Orcel.

___________________________________________________________________________________________________

"On m'a donné de la boue, j'en ai fait de l'or"

(Chales Beaudelaire)

___________________________________________________________________________________________________

"Le malheur a percé mon vieux coeur de sa lance."

(Paul Verlaine)

________________________________________________________________________________________________

"Je n'aime pas les hommes.

J'aime ce qui les dévore."

(André Gide)

___________________________________________________________________________________________________

Ce n'est pas au poète de dire ce qu'est la poésie mais laissons cette tâche aux lecteurs et aux critiques littéraires.

 Gabriel Garcia Marquez

___________________________________________________________________________________________________

L'être humain ce n'est pas seulement les bras, les pieds et les jambes ce avant tout une intlligence, mais quand on laisse dormir cette intelligence, elle devient rouiller comme un clou et on devient méchant sans le savoir.

 

 

  Jacques Stephen Alexis

____________________________________________________________________________________________________

Le bonheur c'est un commun accord entre un homme et l'existance qu'il mène.
 Albert Camus

___________________________________________________________________________________________________

 La distance qui separe un homme de sa terre natale est une déchirure.

 Valmy Yacinthe

_____________________________________________________________________________________________________

La littérature c'est ce qui s'enseigne.

 Roland Barthe

_____________________________________________________________________________________________________

Aimer un être c'est se sentir capable de vieillir avec lui.

 Albert Camus

______________________________________________________________________________________________________

Celui qui touche un livre, touche un homme.

 W. Whitman

______________________________________________________________________________________________________
ô! vous prostituée, qui, étincelée sur les trottoirs ou obscènes dans votre chambre qui suis-je pour vous déclarer plus obscènes que moi.

 Walt Whitman

_______________________________________________________________________________________________________

La vie est comme un long fil qui ne se casse jamais dont chaque nègre durant son existance y fait un noeud.

 Jacques Roumain

_______________________________________________________________________________________________________

J'aime toutes les langues parce qu'elles me font signes qu'elles me séduisent. 

                      Georges Castera

 ______________________________________________________________________________________________________

 Et le cri, la bouche tordue,cet être, en vain? Veut faire entendre  est  un immense alléluia perdu dans un silence sans fin.

 Georges Bataile

 

 _____________________________________________________________________________________________________

 J'ai vu tant de gens si mal vivre

 Et tant de gens mourir si bien.

 Louis Aragon 

_______ _______________________________________________________________________________________________                                           

"Si l'on est d'un pays, si l'on y est né,comme qui dirait natif-natal,eh bien, on l'a dans les yeux, la peau,les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes; c'est une présence dans le coeur, ineffaçable comme une fille qu'on aime : on connait la source de son regard, le fruit de sa bouche, les collines de ses reins, ses mains qui se défendent et se rendent, ses genoux sans mystère, sa force et sa faiblesse, sa voix et son silence."

    Jacques Roumain, Gouverneurs de la Rosée _______________________________________________________________________________________________________

Il n'avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d'amour; mais il était joyeux parce qu'il était libre.

 Victor Hugo (Les Misérables)

____________________________________________________________________________________________________

Nous n'avons qu'une seule ressource avec la mort: faire de l'art avant elle.

 René Char

_____________________________________________________________________________________________________________________

Toute douleur qui n'aide personne est absurde.

 André Malraux

______________________________________________________________________________________________________________________

Notre héritage n'est précédé d'aucun testament.

René Char

______________________________________________________________________________________________________________________

On ne racontera plus jamais une histoire comme si ce devrait etre la meme.

 John Berger

______________________________________________________________________________________________________________________

Il est aussi raisonnable de représenter une espèce d'emprisonnement par une autre que de représenter n'importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n'existe pas.

 Daniel Defoe

______________________________________________________________________________________________________________________

 Le ciel n'a plus un sourire plus un seul tesson d'azur

pas un arc à lancer l'espoir d'une flèche de soleil

les arbres déchiqutés se redressent, gémissent

comme un village endormi dans la mort s'en va à la dérivée.                  

  Jacques Roumain

______________________________________________________________________________________________________________________

Alors que les flammes montaient autour d'elle, La Fleur d'Or dansa sur le bûcher et chanta le plus beau poème de la Caraïbe. Elle mourut comme un grand Samba, comme nous devons tous apprendre à mourir.

  Jacques S. Alexis,Romancero aux étoiles

_____________________________________________________________________________________________________

"J'aime passionnément le mystère parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller".

 Charles Baudelaire, Mademoiselle Bistouri.

______________________________________________________________________________________________________________________

"Le monde matériel, continua Dupin, est plein d'analogies exactes avec l'immatériel, et c'est ce qui donne une couleur de vérité à

 ce dogme de rhétorique qu'une métaphore ou une comparaison peut fortifier un argument aussi bien

 qu'embellir une description".

  Edgar A. Poe, La lettre volée

_______________________________________________________________________________________________________

"On dort les uns contre les autres

On vit les uns avec les autres (...)

Mais au bout du compte

On se rend compte

Qu'on est toujours seul au monde".

(Luc Pla Mondor)

__________________________________________________________________________________________________________________

" Les poèmes sont d'existance incorruptible que nous lançons dans la gueul répugnante de la mort"

(René Char)

_________________________________________________________________________________________

"Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles."

(Paul Valery) 

_________________________________________________________________________________________

"Nous avons l'art pour ne pas mourir de vérité".

(Nietzsche)

_________________________________________________________________________________________


Mots d'ivoire en Poesie

Le visage nuptial

À présent disparais, mon escorte, debout dans la distance;
La douceur du nombre vient de se détruire.
Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices.
Tout vous entraîne, tristesse obséquieuse.
J'aime.

L'eau est lourde à un jour de la source.
La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton front,
dimension rassurée.
Et moi semblable à toi,
Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom,
J'abats les vestiges,
Atteint, sain de clarté.

Tu rends fraîche la servitude qui se dévore le dos;
Risée de la nuit, arrête ce charroi lugubre
De voix vitreuses, de départs lapidés.

Tôt soustrait au flux des lésions inventives
(La pioche de l'aigle lance haut le sang évasé)
Sur un destin présent j'ai mené mes franchises
Vers l'azur multivalve, la granitique dissidence.

Ô voûte d'effusion sur la couronne de son ventre,
Murmure de dot noire!
Ô mouvement tari de sa diction!
Nativité, guidez les insoumis, qu'ils découvrent leur base,
L'amande croyable au lendemain neuf.
Le soir a fermé sa plaie de corsaire où voyageaient les fusées
vagues parmi la peur soutenue des chiens.
Au passé les micas du deuil sur ton visage.

Vitre inextinguible: mon souffle affleurait déjà l'amitié
de ta blessure,
Armait ta royauté inapparente.
Et des lèvres du brouillard descendirent notre plaisir
au seuil de dune, au toit d'acier.
La conscience augmentait l'appareil frémissant de ta permanence;
La simplicité fidèle s'étendit partout.

Timbre de la devise matinale, morte saison
de l'étoile précoce,
Je cours au terme de mon cintre, colisée fossoyé.
Assez baisé le crin nubile des céréales:
La cardeuse, l'opiniâtre, nos confins la soumettent.
Assez maudit le havre des simulacres nuptiaux:
Je touche le fond d'un retour compact.
Ruisseaux, neume des morts anfractueux,
Vous qui suivez le ciel aride,
Mêlez votre acheminement aux orages de qui sut guérir
de la désertion,
Donnant contre vos études salubres.
Au sein du toit le pain suffoque à porter cœur et lueur.
Prends, ma Pensée, la fleur de ma main pénétrable,
Sens s'éveiller l'obscure plantation.

Je ne verrai pas tes flancs, ces essaims de faim, se dessécher,
s'emplir de ronces;
Je ne verrai pas l'empuse te succéder dans ta serre;
Je ne verrai pas l'approche des baladins inquiéter
le jour renaissant;
Je ne verrai pas la race de notre liberté servilement se suffire.

Chimères, nous sommes montés au plateau.
Le silex frissonnait sous les sarments de l'espace;
La parole, lasse de défoncer, buvait au débarcadère angélique.
Nulle farouche survivance:
L'horizon des routes jusqu'à l'afflux de rosée,
L'intime dénouement de l'irréparable.

Voici le sable mort, voici le corps sauvé:
La Femme respire, l'Homme se tient debout.

 

(René Char ,1944) 

___________________________________________________________________________

 Pour l'arbre

        A Aimé Césaire et Michel Leiris

Si je n’étais né homme, moi aussi
Mon destin eût été celui de l’arbre :
L’arbre au soleil comme sous la pluie
Reste réconcilié avec ses racines
Et ses feuilles. Il connaît
En même temps la nuit et la lumière
Sans mourir de sa connaissance.
Sa dialectique le pousse avec force
Vers lui-même et sa haute vérité :
Et lui laisse partager mille balcons
Avec le soleil, le vent et la rosée.
Il a la même joie pour écouter
Le rossignol ou l’oiseau qui porte
À peine un cri dans son gosier.
La course des nuages apaise
Sa nostalgie des grandes traversées
Et par les oiseaux migrateurs
Son service postal est bien assuré.
L’arbre sait que le héros de la vie
N’est pas seulement l’homme
Qui attaque à l’aube une caserne
Ou qui sait tendre une embuscade
Selon toutes les règles de la guérilla
Ou qui peut en un jour
Couper mille arrobes de canne.
L’arbre est un savant jour et nuit
Absorbé par mille métamorphoses
Tout en étant mille poètes à la fois
Malgré le bûcheron, la foudre et la sécheresse
L’arbre n’est jamais un loup pour l’arbre.
Il y a peut-être un arbre en vie dans mes os
Et Nelly et la pluie sont seules à le savoir!

(René Depestre, Poète à Cuba, 1976)

 

 

________________________________________________________________________________________

 A une dame créole

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés ;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d'orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

  (Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal)________________________________________________________________________________________

La ville me disait…

 

La ville me disait grimpe

Je suis un gâteau de collines parfumées

Je marche sur la mer sans me fatiguer

Le bleu ne fatigue jamais

J’étale mes maisons comme un jeu de cartes

Et je fais mille tours au soleil ébahi

La magie ne fatigue jamais

Tu vois il y a des vignobles

De l’anchois

Des barques catalanes

Autant de miracles que je sors de mon chapeau

Regarde marcher les passants

Ils sont les enfants de la lumière

J’ai mis des glaces italiennes aux carrefours

Ils vont sur le manège du bord de mer

Avec aux pieds les espadrilles du bonheur

Ils vont à la Frégate

Ils vont aux Templiers

Ils vont à la Prudhommerie

En fait ils ne vont nulle part que dans l’œil d’un peintre

Une guitare descend par un balcon

L’été lui a suffit pour ressembler aux îles

Il fait bleu sur Collioure

Les marins s’en souviennent

Les peintres l’ont répété au temple des couleurs

Il fait bleu sur Collioure

On peut y jeter un livre à la mer

C’est un temps de fétiches et de tenues légères

La vie a la lenteur des promenades

Et tout le paysage pousse dans notre tête

C’est la ville aux mille sens

Une toute petite ville où se blottit le temps

Les mots s’envolent à tire d’ailes

L’amour est sans raison

La lune est une olive blanche

La ville me disait grimpe

La route n’est pas si loin et le bonheur non plus.

 

Ernest Pépin

Faugas/ Lamentin

01 Septembre 2011

_________________________________________________________________________________________

Liberté

 

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

 

(Paul Eluard, Poésie et vérité, 1942)

_______________________________________________________________________________________

 VOUS DE LA SYRIE  

                            Dédiée à Maram Al Masri  

Vous de la Syrie

Vous qui élevez haut les arbres de la liberté

Vous que les matins fusillent sans sourciller

Sans se soucier d’épargner vos genoux

Je vous tiens la main

Parce que la main de l’homme vaut l’homme

Vous qui apprenez la douleur des précipices

La terreur des chars

L’enfant incrédule  devant le silence

Vous qui saignez du sang des humains

Je vous tends la main

Car une main peut être une feuille de justice

Vous dont le soleil pleure

Au midi de la mort

Vous dont les murs crient sous les balles

Mères défigurées par la  torture d’aimer

Pères tombés dans la tombe étonnée

Frères et sœurs

Je ne puis pas me taire

Je vous ouvre ma main pour nourrir vos étoiles

Je ne puis pas me taire car mon sang est en jeu

Le sang du monde est en jeu

Depuis tant de jours le deuil enfonce vos portes

Ouvre vos fenêtres

Change vos vêtements et la couleur de vos yeux

Depuis tant de jours

Les oiseaux chantent la mort

Mais la ville résiste

Pleure

 

et résiste

et pleure

et résiste

 

Parce que la liberté est si fragile  qu’elle est invincible

C’est une fleur solide

Un papillon de fer

Une étoile qui persiste et signe sa lumière

Vous de la Syrie

Inépuisable est la douleur  des palmiers

Le plus rouge des sables s’égoutte au sablier

La liberté n’a pas besoin de Président

Elle a besoin d’exemples

On ne tue pas un miracle qui dit non

Vous de la Syrie

Le printemps craque de toutes ses fleurs

Je me joins au cortège du sacrifice

Et dans ma main naît le sang de ma solidarité

La plus belle canonnade est la canonnade du cœur

Et ce désir de liberté que la mort déracine

Je l’ai nommé arbre du monde

Je l’ai planté dans la douleur  du monde

Et  je regarderai  ses fruits

Je soupèserai ses fruits qui nous attendent

Et je vous dirai merci pour la leçon d’honneur

 

Ernest Pépin

Faugas/Lamentin/Guadeloupe

Le 15 septembre 2011

 

________________________________________________________________________________________

Prix littéraires 2010

Le plus prestigieux des prix littéraires français a été décerné le lundi 8 Novembre au romancier  Michel Houellebecq,

pour son roman "La carte et le terrritoire" ( Flammarion).

 

Depuis 1980 c'est la première fois que le Goncourt est attribué à un livre paru  chez Flammarion.

 

 

  Michel Houellebecq

Poète, romancier, essayiste, parolier, cinéastre..., né en 1958 à la réunion.

Depuis la fin des années 1990 il est l'un des écrivains les plus connus et les plus

traduits dans le monde.

 

 

 Une demi-soeur naît quatre ans après lui. A six ans, il est confié à sa grand'mère paternelle, communiste,dont il a adopté le nom comme pseudonyme.A l'école,ses camarades le surnommait " Einstein" ils voiyaient déjà en lui une forte capacitéde réflexion et une puissance d'analyse.
Pendant sept ans, il suit les classes préparatoires aux grandes écoles. En 1975, il s'inscrit à l'école supérieure d'agronomie.

Sa grand'mère meurt en 1978.Il obtient en 1978 son diplôme d'ingénieur agronome. Son fils Etienne naît en 1981. A la suite de son divorce, une dépression le conduit à faire plusieurs séjours en milieu psychiatrique.

Sa carrière littéraire commence dès l'âge de vingt ans, âge auquel il commence à fréquenter différents cercles poétiques. En 1985, il rencontre Michel Bulteau, directeur de la Nouvelle Revue de Paris, qui, le premier, publie ses poèmes; c'est le début d'une amitié indéfectible. Ce dernier lui propose également de participer à la collection des Infréquentables qu'il a créée aux éditions du Rocher. C'est ainsi que Michel Houellebecq publie en 1991 la biographie de Howard P. Lovecraft, "Contre le monde, contre la vie". Il intègre l'Assemblée Nationale en tant que secrétaire administratif. La même année paraît "Rester vivant" aux éditions de la Différence, puis chez le même éditeur, en 1992, le premier recueil de poèmes : "La Poursuite du bonheur", qui obtient le prix Tristan Tzara. Il fait la connaissance de Marie-Pierre Gauthier.

En 1994, Il publie son premier roman, "Extension du domaine de la lutte",  traduit en plusieurs langues. Il collabore à de nombreuses revues (L'Atelier du roman, Perpendiculaires, dont il est ensuite exclu, Les Inrockuptibles).  Son deuxième recueil de poèmes, "Le Sens du combat",reçoit le prix de Flore en 1996."Rester vivant" et "La Poursuite du bonheur", remaniée pour l'occasion, sont réédités en un seul volume en 1997.Il reçoit en 1998 le Grand Prix national des Lettres Jeunes Talents pour l'ensemble de son oeuvre. "Interventions", recueil de textes critiques et de chroniques, et "Les Particules élémentaires", son second roman traduit en plus de 25 langues et lauréat du prix Novembre, paraissent simultanément. Il épouse Marie-Pierre la même année. En 1999, il co-adapte avec Philippe Harel "Extension du domaine de la lutte" au cinéma, que ce dernier met en scène. Il publie un nouveau recueil de poèmes, "Renaissance". Au printemps 2000 sort sous le label Tricatel un disque, "Présence humaine", où ses poèmes, lus par lui-même, sont mis en musique par Bertrand Burgalat. Lanzarote, un recueil-coffret de textes et de photographies, paraît chez Flammarion au printemps 2000. Michel Houellebecq réside pendant quelques années en Irlande,dans une maison baptisée " The White House", dans le comté de Cork, où il a écrit en grande partie son troisième roman, "Plateforme".Il s'installe ensuite en Espagne.

Là, il écrit "La possibilité d'une île", qui paraît le 31 août 2005, en France et presque simultanément en Allemagne, Italie, Espagne...

Ce livre obtient le Prix Interallié 2005.

__________________________________________________________________________________________________________________

 

 Le prix Interallié a été décerné à Jean-Michel Olivier pour L'amour nègre aux paru aux éditions de Fallois au quatrième tour par six voix contre cinq à Claude Arnaud pour Qu'as-tu fait de tes frères ? publié  aux éditions Grasset. L’auteur retrace sur un ton à la fois acide et drôle le parcours d’un petit Africain adopté par un couple de stars hollywoodiennes.

 

Né en 1952 à Nyon, Jean-Michel Olivier a grandi à Genève, où il a étudié les Lettres à l'université et enseigne aujourd'hui le français et l'anglais au Collège.

Il est fondateur des revues culturelles Scènes magazine (1986), Contrepoints (1988) et La Main de singe (1990). Il dirige depuis 2006 la collection Poche Suisse aux Editions L'Age d'Homme.

Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, romans, poésie et essais, s'articulant souvent autour de la musique et du regard - photographique ou pictural.

Son dernier roman, le satirique La Vie mécène , s'inspire de l'affaire Stern, tandis que l'autobiographique Notre Dame du Fort-Barreau rend hommage à sa logeuse, vieille dame généreuse et atypique.

_______________________________________________________________________________________________________________________

 

 Virginie Despentes a décroché le Prix Renaudot  2010 pour son roman Apocalypse Bébé (Grasset) 

L’essai a été décerné à Mohamed Aïssaoui pour «L’Affaire de l’esclave Furcy» (Gallimard).

  _____________________________________________________________________________________________________
 

 

Mots d’Ivoire

 

Prix Littéraire 2011

Prix du Livre Inter

Olivia Rosenthal - Que font les rennes après Noël ?

 

Prix Goncourt

Alexis Jenni - l’Art Français de la guerre

 

Prix Renaudot

Emmanuel Carrère - Limonov

 

Prix Nobel de littérature

Tomas Tranströmer -

 

Prix Fémina

Simon Liberati - Jayne Mansfield 1967

 

Prix Interallié

Morgan Sportès - Tout, tout de suite

 

Prix Médicis

Mathieu Lindon - Ce qu'aimer veut dire

 

Prix de l'Académie française

Sorj Chalandon - Retour à Killybegs

 

Goncourt des Lycéens

Carole Martinez - Du domaine des murmures

 

Prix Décembre

Jean-Christophe Bailly - Le Dépaysement: Voyages en France

 

Prix Décembre

Olivier Frébourg - Gaston et Gustave

 

Prix des lectrices d'Elle

Kathryn Stockett - La couleur des sentiments

 

Prix des Deux Magots

Anthony Palou - Fruits & légumes

 

Prix du Livre politique

Jean-Pierre Chevènement - La France est-elle finie ?

 

Prix de Littérature Nathan Katz - Prix de Littérature Francophone Jean Arp

Valère Novarina -

 

Prix Arverne

Antonin Malroux - La grange au foin

 

Prix Européen de Littérature

Drago Jancar -

 

Prix Roger Nimier

Françoise Dorner - Tartelettes, jarretelles et bigorneaux (Albin Mich

 

Prix Lilas

Sylvie Ohayon - Papa was not a Rolling Stone

 

Prix Ahmadou Kourouma

Emmanuel Dongala - Photo de groupe au bord du fleuve

 

Prix Orange

David Thomas - Un silence de clairière

 

Grand Prix de l'humour noir - Xavier Forneret

Pierre Autin-Grenier - C'est tous les jours comme ça

 

Prix Ouest-France Etonnants voyageurs

Yahia Belaskri - Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut

 

Prix Mallarmé

Annie Salager - Travaux de lumière

 

Prix salondulivre.net

Eric Fouassier - Le traducteur

_____________________________________________________________________

Source : http://www.e-litterature.net/prix/index.php?titre=&num=&repert=Sollers

_____________________________________________________________________

 

 

Prix Littéraires 2012

 

Prix salondulivre.net
Jean Laurent Poli - Peut-on aimer une morte ?

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 19:03

Par Jacques Stéphen Alexis


Je me fais grâce, messieurs de toutes vos formules patinées en prenant l’arme dangereuse de la plume, pour vous écrire tout ce que j’ai sur le cœur. Je le sais, messieurs, vous êtes de ces Compétences, de ces Expériences, de ces Excellences, qui reprennent volontiers le mot de Louis XIV : « Que diront nos neveux… ? » Eh bien ! Voilà, j’en suis un, je crois et je vous envoie cette lettre que le camelot criera et jettera au vent aigre du temps, vers tous, vers les Hommes Vieux comme vers les beaux Jeunes Hommes. Certes, j’affirme que les hommes ne peuvent qu’être jeunes ou qu’être vieux sans moyen terme.

Je vous vois déjà décliner vos âges et certains même, comme de vieilles coquettes, nous disent : « Je suis encore bien conservé, dis… ? » Mais nous ne sommes pas des gigolos. Nous connaissons, nous sommes au regret, tous vos rhumatismes intellectuels, toutes vos maladies de cœur. Nous les voyons dans les effluves maladives de l’air que vous avez respiré, dans la marche inexorable des temps malgré vous tournés contre vous. Dans les chemins que vous avez suivis où vous demeurez plantés, infirmes et vermoulus, végétation de mal augure. Vous êtes certes des Excellences, des Compétences, nous le savons, puisque vous êtes nés centenaires et nous ne sommes pas fâchés d’entendre dire que nous sommes des Impertinences, des Impudences, des Suffisances…Merci…

Non, mon trouble n’est pas à moi et j’ai le droit de le lier à celui des populations souffrantes du globe. Je vous vois déjà affirmer « simple effet de la guerre ». Non, je corrige la guerre, plutôt un simple effet, effet des gelées blanches et des lunes rousses de la Réaction contre les forces jeunes qui germinent.

Vous voulez le Monde Traditionnel ? Nous voulons le Monde Rationnel.

Vous affirmez la répétition de l’Histoire ? Nous affirmons l’évolution dialectique de l’Histoire.

Vous cherchez la vérité dans les vieux livres millénaires ? Nous la montrons par la Science appliquée à la Vie et aux Sociétés dans le grand livre ouvert de la réalité mondiale.

Ah ! Oui messieurs nous sommes Non-Conformistes. Vos barbes tremblent devant les affirmations de la conscience moderne. Ce n’est plus l’affirmation d’une élite caste comme toutes les autres. La conscience moderne n’est plus une conscience d’élites mais une conscience de masses.

Vous affirmez, messieurs les Hommes Vieux, la particularité de la situation haïtienne, nous affirmons l’identité des situations humaines. Vous avez peur de notre Humanisme, et en Art par exemple quand nous révélons des beautés nouvelles, vous crachez sur ce que nous considérons comme les seuls Autels. Nous vous scandalisons, n’est-ce pas ? Mais toutes les beautés nouvelles ont apparu au début comme des scandales. L’Art nouveau sera une des oriflammes de notre Non-Conformisme.

Vous voulez nous amadouer en renouvelant les Dogmes endormeurs. Ils sont tous coupables de Recel. Nous affirmons que l’essentiel de la méthode scientifique est acquis pour toujours. Pour la première fois les énergies spirituelles ne s’égareront pas dans l’empirisme et dans la fantaisie.

Vous nous menacez des dangers cosmiques avec lesquels vous jonglez. Nous sommes armés aussi, car la seule arme du monde, c’est la vie dans les jeunes Hommes. A votre opposite, nous récusons les prophètes, mais nous voyons dans les lois matérielles du monde les signes qui marquent la fin des cycles historiques traditionnels.

Je sais qu’en réponse vous nous lancerez à gorge folle vos jappements réactionnaires, après nous, après moi qui ai osé…Mais il me plaît d’entretenir cette correspondance. Je ne suis qu’un Homme Jeune qui souffre de la vieillesse du monde que vous entretenez et je suis agité par la certitude des déploiements futurs…

Au revoir, messieurs, je joins à ces troublantes vérités, tous les vœux que peut avoir à l’égard des Hommes Vieux.


Jacques La Colère

__________________________________________________________________________________________

Par Mots d'Ivoire - Communauté : Mots d'Ivoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 22:14

Par, Léon-Gontran Damas
                   
Pour Aimé Césaire

J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs souliers
dans leur smoking
dans leur plastron
dans leur faux-col
... dans leur monocle
dans leur melon

J'ai l'impression d'être ridicule
avec mes orteils qui ne sont pas faits
pour transpirer du matin jusqu'au soir qui déshabille
avec l'emmaillotage qui m'affaiblit les membres
et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe

J'ai l'impression d'être ridicule
avec mon cou en cheminée d'usine
avec ces maux de tête qui cessent
chaque fois que je salue quelqu'un

J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs salons
dans leurs manières
dans leurs courbettes
dans leur multiple besoin de singeries

J'ai l'impression d'être ridicule
avec tout ce qu'ils racontent
jusqu'à ce qu'ils vous servent l'après-midi
un peu d'eau chaude et des gâteaux enrhumés

J'ai l'impression d'être ridicule
avec les théories qu'ils assaisonnent
au goût de leurs besoins
de leurs passions
de leurs instincts ouverts la nuit
en forme de paillasson


J'ai l'impression d'être ridicule
parmi eux complice
parmi eux souteneur
parmi eux égorgeur
les mains effroyablement rouges
du sang de leur ci-vi-li-sa-tion

                            Solde, Léon Gontran Damas

_____________________________________________________________________

 

Par Mots d'Ivoire - Communauté : Mots d'Ivoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 20:44
 

 

Critique littéraire pendant 15 ans au plus ancien quotidien d’Haïti, Le Nouvelliste, puis collaborateur à la revue Vues d’Haïti et à l’hebdomadaire Haïti en Marche, Dominique Batraville a participé au Deuxième Congrès international des écrivains de la Caraïbe (Guadeloupe, 2011). Il relate ici les difficultés et le plaisir d'être critique littéraire en Haïti, marquée par deux siècles de littérature.

La critique journalistique


« Écrivain et critique, je parvenais pendant ma présence active au Nouvelliste à commenter les livres reçus, à réaliser des entrevues avec les auteurs, à expliquer leur écriture via des ancrages littéraires caribéens toujours renouvelés. La nature de ma tâche se résumait à peser dans la balance les livres reçus, les concerts, vernissages et autres événements qui fleurissaient l'actualité. Avec attention, passion, je dévorais les publications, les unes plus importantes que les autres.


« Rédacteur-écrivain depuis ma tendre adolescence, j'avais développé quelque compétence de lecteur critique à travers un magazine scolaire dirigé par l'écrivain Christophe Charles, Revue des écoliers, où j'ai publié mes premières notes de lecture à l'âge de 15 ans. J'ai toujours écrit avec amour car j'ai refusé de devenir un  faiseur d'articles. Au fond de moi, je me disais : ce n'est pas avec un article qu'on doit régler ses problèmes personnels ou apaiser ses frustrations.



« Vivre le métier de  journaliste littéraire en Haïti, est-ce chose facile ? L'ère dictatoriale des Duvalier  a poussé à l'exil  toute une génération de journalistes de conviction : Marcus Garcia, Dany Laferrière, Anthony Pascal, Liliane Pierre-Paul et tant d'autres, illustres travailleurs de la presse, connus pour leur éthique. Ce n'était donc pas facile.


« Ma journée de travail consistait  à alimenter les cinq colonnes des pages littéraires et artistiques du journal. Tous les jours, entre 9 et 10 heures du matin, sous la houlette du défunt Carlo Désinor, chef de rédaction du Nouvelliste, nous devions annoncer les articles qu'on allait remettre en fin d'après-midi. On passait en revue  les ouvrages fraîchement publiés et on indexait les événements littéraires de la semaine.

« Le Nouvelliste sortait chaque matin et était tiré à environ 15 000 exemplaires. L'attente des lecteurs était si grande que la direction du journal - après suggestions répétées de Rodney St-Eloi, chef de la section culturelle du journal - avait décidé de publier chaque fin de semaine un supplément culturel ouvert à l'actualité et à divers dossiers d'intérêt public (éducation, théâtre, langues, courants littéraires, esthétiques caribéennes, patrimoine, religion).


« Nous nous sommes astreints à réveiller les travaux de nos penseurs : Louis Joseph Janvier, Anténor Firmin, Jean Price Mars et tant d'autres. Au cours des années 80-90, on assistait à un foisonnement de romans à succès écrits par des Haïtiens. Il fallait rendre compte de cette production littéraire, en analysant sa portée régionale et universelle, son inscription dans la littérature contemporaine. Cela faisait partie en quelque sorte d'une forme de nationalisme littéraire. Nos fidèles lecteurs ont osé comparer nos pages littéraires à celles du quotidien français  Le Monde. Nous étions là pour populariser génies, talents et promesses littéraires écrivant en créole et en français.


« Pourquoi le métier de critique littéraire, même journalistique, peut-il  être considéré comme un métier complexe dans un pays où prévaut surtout l'autoédition ?  Au lendemain de 1986, ce fut la fin en Haïti du régime trentenaire des Duvalier et le pays a alors vécu la naissance de plumes puissantes de la littérature haïtienne. Au cours des années 80-90, lorsque les récoltes littéraires étaient très abondantes, on a pu enregistrer dans les bibliothèques la parution annuelle de plus d'une centaine de titres dans toutes les catégories littéraires (poésie, roman, essai, biographie). Il fallait accompagner, jauger ce phénomène.
« En deux siècles, Haïti a connu plus d'une dizaine d'écoles littéraires, véritables manifestes, sujets encore à discussion. Voici la liste des journaux et revues qui ont soutenu ces écoles et qui ont  paru au cours des cinquante dernières années dans le pays : Le Nouvelliste, Le Panorama, Le Nouveau Monde, Haïti Libérée, L'Union  Le Matin, Le Septentrion, Rencontres, Conjonction, Pot-Pourri, Le Fil d'Ariane, Le Petit Samedi Soir, Haïti Demain, Haïti Progrès, Haïti Observateur, Haïti en Marche, L'Assotor, Grand'Anselais, L'Ecran, Miroir, Inter Jeunes, Rond Point, Nouvelle Optique, Pour Haïti, Collectif Paroles, Vue d'Haïti, Société Haïtienne d'Histoire et de Géographie, Chemins Critiques. En outre, des stations de radio haïtiennes comme Radio Nationale d'Haïti, Radio Haïti Inter, Mélodie F.M, et pour la télévision : Télé Haïti, Télé Nationale, Télémax, réservaient toujours un espace à la production littéraire du pays.


« La majorité des auteurs du circuit de l'autoédition préféraient miser sur une critique bienveillante, confiée à des amis. Mais la plupart des journalistes littéraires s'y refusaient et se gardaient ainsi de tomber dans l'encensement. Mais d'autres, surtout non professionnels, jouaient ce jeu, valorisant l'effort d'écriture, même si le résultat était approximatif. Ce faisant, ils laissaient au public le soin de trancher.

« Certains noms de critiques littéraires connus pour leur sérieux ont marqué la scène locale : Roland Thadal, Ernst  Mirville, Christophe Charles, Joubert Satyre, Marc Exavier, Georges Castera. Des critiques comme Yanick Lahens, Stéphane Martelly, Maguy de Coster, Solange Lafontant, Michaëlle Lafontant Médard, Elvire Jean-Jacques Maurouard, Emmelie Prophète ont fourni un travail soutenu, tant dans la presse écrite qu'électronique.


« Afin de mieux expliquer à quoi se trouve exposé un critique littéraire dans un pays de passion violente et de folie créatrice comme Haïti, je dois évoquer le contexte politique qui prévalait pendant le règne trentenaire des Duvalier, quand la production littéraire venue de l'extérieur, écrite par  les auteurs haïtiens et étrangers, était passée au peigne fin par les membres du service de surveillance. La peur du communisme et la logique dictatoriale portaient  le régime à traquer les livres considérés comme subversifs.

« La publication du roman satirique Les comédiens de l'écrivain anglais Graham Greene avait soulevé la colère du dictateur François Duvalier. Des œuvres littéraires telles Un ambassadeur macoute à Montréal, de Gérard V. Etienne ou Konbèlann, du poète Georges Castera, circulaient dans une certaine clandestinité. Si des libraires commettaient l'imprudence de les importer, ils étaient obligés de les placer très discrètement dans leur rayons, et plus souvent encore, ailleurs. Des revues remarquables publiées en Amérique du Nord comme Collectif Paroles, Nouvelle Optique, Sèl, n'étaient pas toujours exposées dans les librairies les plus représentatives du pays.


« Des critiques avertis comme Pierre-Raymond Dumas avaient trouvé une formule pour désigner la production littéraire haïtienne produite hors des frontières du pays, c'était « la littérature haïtienne de la Diaspora ». Dumas s'est fait un nom comme critique et spécialiste de cette littérature, ce qui lui a inspiré plusieurs anthologies relatives aux œuvres littéraires haïtiennes publiées en-dehors de l'espace national.

« Avant et après 1986, la critique littéraire locale a fait de son mieux pour révéler au public les poètes et écrivains dignes d'intérêt. Parmi ces auteurs, devenus depuis des classiques, on mentionnera Frankétienne, René Depestre, Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Jean-Claude Fignolé, Edwige Danticat, Yanick Lahens, Louis-Philippe Dalembert. Les auteurs précités ont obtenu une reconnaissance interne et externe grâce au fracas médiatique qu'a suscité leur œuvre. Et grâce à leur talent.

« Le statut d'écrivain confère en Haïti un incontestable prestige social. Le lieu d'où écrit l'écrivain peut contribuer à ce prestige. Un auteur comme Dany Laferrière s'est forgé un nom suite à son expatriation à Montréal. Il en est de même pour Jean-Claude Charles (d'heureuse mémoire), d'Emile Ollivier, de Joël Desrosiers, de Josaphat Large, de Robert Berrouet-Oriol. La relation à l'autre, et plus encore, la reconnaissance par l'autre, sont devenus des enjeux dans un pays qui en raison de sa diaspora croissante est de plus en plus plongé dans des interrelations de toute sorte ».

La critique institutionnelle et académique 


« Les grilles d'interprétation des textes littéraires passent par des manuels, en tout cas, le premier apprentissage des lettres haïtiennes à l'école, à l'université, passe par des guides, manuels tributaires forcément de la didactique scolaire. Ils ont été élaborés par Pradel Pompilus, Raphael Berrou, Fardin, Jadotte, etc.

« La production  scientifique de Pompilus dépasse cependant le cadre des manuels de littérature. Le professeur  Pompilus a laissé un travail impressionnant comme critique et spécialiste en linguistique. Il  a su initier la nouvelle critique en Haïti et a facilité l'accès à la sémiologie d'un Roland Barthes, à la connaissance des travaux d'un Lucien Goldman ou d'un Pierre Macherey.


« Dans l'exercice de mon métier de critique littéraire en Haïti, j'ai pratiqué l'analyse des textes, le questionnement des modes d'écriture nouvelles par rapport aux maîtres du roman haïtien de l'après-guerre : Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis. J'ai essayé de populariser la poésie haïtienne héritée de Magloire Sant-Aude. D'autres critiques comme Alix Emera, Claude Pierre, Rudy Edmé, Ernst  Mirville ont développé l'étude de la littérature dans l'enseignement secondaire et universitaire.

« J'ai dû fuir à la fois les considérations trop biographiques et des jugements de valeur. Ma génération de critiques se trouve au carrefour de plusieurs générations d'écrivains : les uns couronnés, les autres, plus jeunes, en quête d'attention. Des critiques académiques tels Max Dominique, Roger Gaillard, Ulysse Pierre-louis ont  fait autorité pour leurs  outils d'analyse.


« La critique littéraire en Haïti a pris naissance au lendemain de l'indépendance. Les écoles littéraires de l'époque se sont inscrites dans le combat patriotique. Pour jauger de la qualité d'une œuvre littéraire, il fallait la mesurer à l'aune des idéaux patriotiques, de la mise en évidence de la couleur locale des paysages et des résonances culturelles d'alors. Je m'imposais une autre contrainte, celle d'évoquer les éléments qui, dans classiques, les best-sellers ou les œuvres plus intimes, produisaient de la nouveauté, de l'écart, et apportaient à ces réalisations littéraires une plus-value.


« Par ailleurs, le professeur Bernard Mouralis, spécialiste des littératures africaines, dans un article publié dans Notre librairie (2006), explique ainsi l'enjeu et le dilemme de la critique devant les livres à succès : « Prescrite dans les classes et consacrée par une tradition qui la présente comme un modèle, l'œuvre classique n'est pas pour autant une œuvre lue par un large public. Il faut même se souvenir d'un topo pédagogique et critique qui tend à établir une antinomie entre succès populaire et qualité de l'œuvre classique. Cette thèse a prévalu jusqu'au début du XXe siècle. Bourdieu, dans Les règles de l'art, a montré comment le champ littéraire se scinde entre deux secteurs opposés : d'un côté, les écrivains qui recherchent un profit symbolique ; de l'autre, ceux qui recherchent essentiellement un profit économique ». Le choix que j'ai fait, celui de la recherche systématique (quelle que soit la nature de l'œuvre étudiée) de l'écart et de la nouveauté, m'évitait ce dilemme.


« Je m'interrogeais aussi sur la relation de l'auteur à l'écriture. Je commentais ainsi dans une revue francophone canadienne la sortie du premier roman d'Emile Ollivier : « A coté de quelques analogies avec l'écrivain Gabriel Garcia Marquez, l'écriture du romancier Emile Ollivier se rapproche surtout de celle du caribéen Alejo Carpentier. Des amateurs de romans « tiers-mondistes » se demandent peut-être, au fond d'eux-mêmes : à quand le prochain roman du producteur de Mère-Solitude ? Ira-t-il jusqu'au bout dans son plaisir d'écrire ? Autant de questions auxquelles seul Emile Ollivier doit répondre devant les feuilles blanches à noircir… »


« Certaines œuvres haïtiennes ont occupé les esprits durant des décennies. C'est le cas de  Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain. Jean Claude Fignolé, romancier et essayiste, a été amené à questionner ce roman fondateur de la littérature haïtienne contemporaine. Il l'a trouvé panthéiste et judéo-chrétien, donc contraire au ton marxiste annoncé en toile de fond. Cela lui a valu une réplique frontale du défunt éditorialiste Jean L. Dominique, de Radio Haïti Inter. Un autre critique, Eddy Arnold Jean, dans un essai très documenté, a fait une radiographie choc de l'œuvre romanesque de Jacques Roumain. Dans une préface de Jack Cozani à  une édition de Gouverneurs de la rosée, ce dernier à identifié ce roman comme le livre-culte de la littérature haïtienne. D'autres critiques comme Claude Souffrant ont abordé Roumain sous l'angle  de la négritude socialiste, une caractéristique pas totalement étrangère au travail ethnographique de Roumain.


« Comme outillage critique, il faut aussi tenir compte de l'essai coup de poing  d'un certain René Depestre : Bonjour et adieu à la négritude, dévoyée selon lui par le noirisme pervers des Duvalier. Dans cette zone novatrice, il faut avoir en tête deux essais d'importance du philosophe-romancier martiniquais Edouard Glissant : Le Discours antillais et L'Intention poétique. Travaux dont les résonnances haïtiennes sont conséquentes. Deux francophonistes américains peuvent aussi éclairer sur la production littéraire d'Haïti : Léon-François Hoffman, de l'université  Princeton, et Thomas Spear, de Cuny Lehman. L'inclassable travail universitaire de Maximilien Laroche mérite également d'être salué ici. Il a été l'un des tous premiers critiques de la région Caraïbe à présenter un vrai guide littéraire de l'œuvre complète du maître romancier haïtien Jacques Stephen Alexis. Laroche a participé également à la première anthologie mondiale de  poésie créole. D'autres analystes littéraires de calibre comme Georges Castrera et Pierre Vernet ont trouvé des clés d'interprétation de la littérature créole haïtienne. Le premier a vulgarisé un manifeste de la poétique créole à travers son recueil Konbèlann. Le second a campé un  talentueux romancier haïtien, Pierre Michel Chéry, auteur entre autres de Eritye vilokan. Les critiques de la génération « Mouvement démocratique haïtien » ont eu pour leur part le souci de camper le peintre et poète maudit Frankétienne.


« Mais il reste beaucoup à faire. Il est urgent de s'intéresser à des poètes hors-norme tels Carl Brouard, Magloire Saint Aude, Villard Denis dit « Davertige », ou encore d'étudier les Lodyans de Justin Lhérisson, d'approfondir le trajet romanesque de Dany Laferrière, d'interroger davantage le Réalisme merveilleux, le Spiralisme, Haïti littéraire. Et depuis le désastre du 12 janvier, une production littéraire post-séisme, marquée par le traumatisme causé par le Grand-Ébranlement, a pris naissance. Il faudra l'explorer. Enfin, il faudrait questionner les motivations et les conséquences du fait  d'écrire en Haïti. Jadis, publier un livre dans ce pays menait volontiers certains auteurs branchés aux postes officiels. C'est de moins en moins le cas. La production littéraire haïtienne est devenue débordante ».

 

Dominique Batraville,

 écrivain,poète, journaliste et critique

Source : http://hpnhaiti.com/site/index.php?option=com_content&view=article&id=3192:intentions-de-voyage-dans-la-critique-litteraire-en-haiti&catid=8:societe&Itemid=14

 _______________________________________________________________________________________

« Il y a des yeux qui reçoivent la lumière et il y a des yeux qui la donnent. »

(Paul Claudel)

_____________________________________________________________________________________

Par Mots d'Ivoire - Publié dans : A - Communauté : Mots d'Ivoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 17:24

Biographie

JPEG - 56.6 ko
© Elise Jacob

A vingt huit ans, Makenzy Orcel est l’un des grands espoirs de la relève littéraire en Haïti. "Ce poète solitaire", comme le qualifie Rodney Saint-Eloi, a fait de sa poésie un cri, pour donner une force littéraire et une voix à cette rage qui l’habite. "Je suis né fâché, j’ai été fâché toute ma vie. C’est cette colère qui m’a donné envie d’écrire." De la colère, mais pas seulement. Car la poésie de Makenzy Orcel, héritière de la tradition littéraire haïtienne, transforme la vie en musique et dévoile la beauté des choses en quelques phrases épurées. "Il y a aussi de la magie, dans ce qu’on voit, ce qu’on entend et surtout ce qu’on lit."

Makenzy Orcel est né en 1983 à Port-au-Prince. Après des études de linguistique, il abandonne l’université pour se consacrer à la littérature. Il publie deux recueils de poèmes, La Douleur de l’étreinte en 2007 et Sans Ailleurs, en 2009. Un recueil traversé par les thèmes de la nuit, de l’enfermement, et de l’ailleurs.
Comme des nombreux écrivains qui ont vécu le séisme de 2010, Makenzy Orcel a voulu témoigner, et mettre sa plume au service de la force et de la dignité de son peuple. C’est aux prostituées de Port-au-Prince, ces "immortelles" qu’il a rendu hommage, celles dont la voix ne s’est pas fait entendre à l’heure de la médiatisation de la catastrophe. "Je ne veux pas écrire sur ce que tout le monde voit, et ce que tout le monde aime, ça ne m’intéresse pas. Je veux être dans le sous-bassement des choses. Des lettres, de la société, de tout. Haïti, c’est un pays d’ombre, et je puise dans l’ombre."

Les Immortelles est son premier roman, brodé comme un recueil de prose. Les paragraphes épurés qui se découpent sur la page blanche recèlent toute l’intensité et la violence de la douleur. Les latrines

- Retour au sommaire


Bibliographie :

- Les latrines (Mémoires d’Encrier, 2011)
- Les Immortelles (Mémoire d’Encrier, 2010)
- A l’Aube des traversées et autres poèmes (Mémoire d’Encrier, 2010)
- Sans Ailleurs (Arche Collectif, 2009)
- La Douleur de l’étreinte (Deschamps, 2007

- Retour au sommaire


Présentation de Les latrines

Un quartier délabré, des latrines et des voix se répondent en écho. Les radoteurs de la place d’Armes refont le monde. Les confidences. Les misères. Les tracasseries. Les amours. Les folies. Les exils. Les voix s’entrecroisent, tantôt graves, tantôt intimistes, dans ces mille et une nuits de la vie port-au-princienne. C’est à l’ombre des latrines que chaque personnage se cherche une histoire, une humanité, une conscience et une identité. Le roman Les latrines, métaphore d’une société aux prises avec ses démons, ses failles et ses joies, donne voix et corps aux damnés de la terre. Résultat : un regard puissant, subversif, sans concession. Lisez ce nouveau prodige de la littérature haïtienne, découvrez cette voix insolite.


Présentation de Les Immortelles

spip_logo Le roman Les immortelles est une traversée de la ville de Port-au-Prince après le violent séisme du 12 janvier qui a dévasté Haïti. Une question simple : que sont devenues les immortelles, ces prostituées de la Grand-Rue, qui font métier d’amour, de chair et de désirs ?
Après le séisme, les sauveteurs ont pensé à tout : à l’eau qui manque, aux enfants orphelins, à la terre qui a tremblé et aux gens sous les décombres. Mais qui s’est soucié des putes de la Grand-Rue ?

La petite. Sa mort m’a laissé un grand vide. Je dirais même, un vide irréparable. Tous ces corps en sandwich, disloqués entre les masses diffuses de béton armé. Tous ces cris qui appellent Jésus. C’est la première fois que j’entendais autant de gens appeler Jésus. Que j’ai vu autant de bras tendre vers le ciel.

L’auteur Makenzy Orcel établit son quartier général à la Grand-Rue. C’est de là qu’il capte les mouvements, la musique et surtout les silences. Les bordels ont disparu. Les putes et les clients avec. Dans cette atmosphère confuse, de multiples voix se déploient : une jeune femme, un écrivain, une mère-maquerelle, des proxénètes. Et on entend clairement la foule des petites gens qui montent la garde autour du sexe et du plaisir. Un roman singulier, beau et caustique. Tout est esquisses, silhouettes et épures dans ce temps éphémère et fragmenté de Port-au-Prince. L’auteur porte un éclairage singulier sur ces femmes qui maintiennent le feu sacré du plus vieux métier du monde dans un pays abandonné à lui-même, malgré promesses et illusions.

Revue de presse :

- "Les immortelles de Makenzy Orcel (éditions Mémoire d’encrier) est assurément un livre remarquable. Je dis un « livre » car il est difficile de le classer dans un genre précis. Roman ? Poème ? Récit ? C’est tout cela à la fois malgré la sobriété du texte qui nous plonge dans la vie, la survie, de la Grand-Rue, après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti." Montray Kréyol, Ernest Pépin, 28 janvier 2011

- "Par son texte subtil et qui sait se garder des stéréotypes, il reconstruit à l’envers de ce désastre un texte qui se cabre contre le délitement et l’effondrement. Mais il le fait non pas à partir d’une table rase, ou bien du constat enfantin de la malédiction, mais bien depuis l’intériorité de ses personnages, éperdus d’amour et de désir de vivre, et qui résistent, décidément insoumis, à l’emprise de la mort." Yves Chelma, Cultures Sud, 2011

Lire des interviews de Makenzy Orcel :

- "Rencontre avec un écrivain qui a décidé de tout transformer par la poésie". Cyberpress.ca, 17 décembre 2010

- Rencontre avec Rodney Saint-Éloi et Makenzy Orcel sur le site France-Antilles, 27 janvier 2011.

 

Source : http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article7008

 __________________________________________________________________________________________________

« Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu’il faut. »

(Albert Camus, Les justes)

_______________________________________________________________________________________

 

Par Mots d'Ivoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 16:42

 

Biographie

Ce "laveur de mot", comme il se qualifie lui même, est l’une des grandes voix de la littérature guadeloupéenne, qui puise son inspiration dans les traditions orales et musicales de son île natale pour donner à voir la réalité antillaise.

Dans son autobiographie, Coulée d’Or, Ernest Pépin raconte son enfance et sa découverte de la lecture et de l’écriture : « Il y avait des livres pour pleurer, des livres pour rire, des livres pour faire peur, des livres pour vivre trop fort, trop vite, trop bien. Il y avait des illustrations qui m’attiraient, me repoussaient, me parlaient. Et je touchais la « peau » d’un livre comme on caresse une fiancée. Un jour, j’en étais sûr, j’allais écrire ! »

Ernest Pépin est né en 1950 au Lamentin, en Guadeloupe. Tout comme Chamoiseau et Raphaël Confiand, il se réclame écrivain de la créolité. Après un premier recueil de poèmes en 1984, il publie Boucan de mots libres, recueil bilingue couronné par le le prestigieux prix "Casa de las Americas". Sa poésie profondément caribéenne se fait tour à tour chant, cri, dit de la roche gravée.

Le poète se fait également romancier. Il remporte en 1997 le prix RFO avec Tambour-Babel, son second roman, qui réhabilite le personnage du "tanbouyè", le joueur de tambour qui fait résonner les rythmes africains des origines. Ernest Pépin s’inspire également des croyances populaires, comme dans l’Homme au Bâton, où une espèce de démon s’introduit dans les chambres des vierges pour les dépuceler et les rendre enceintes. En 1999, le Tango Infernal est le récit d’une guerre entre les sexes, la séparation douloureuse d’un couple, Abel et Nika, qui ont vécu vingt ans ensemble.

En 2010, Toxic Island explore les problèmes contemporains de la drogue et du désarroi de la jeunesse antillaise. Une plongée dans la modernité qui s’orne pour l’occasion d’une langue résolument crue.

Après avoir été professeur de français, critique littéraire, animateur d’émissions sur France 3, consultant à l’Unesco, il occupe aujourd’hui le poste de Directeur des Affaires Culturelles au Conseil Général de la Guadeloupe depuis mars 2001. Le soleil pleurait est son septième roman : un voyage à Haïti, où la jeune Régina est kidnappée un matin, à cause de son teint trop clair...

- Retour au sommaire


Bibliographie :

Romans :

- Le Soleil pleurait (Vents d’Ailleurs, 2011)
- Toxic Island. Fort-de-France (Desnel, 2010)
- L’Envers du décor (Le Serpent à Plumes, 2006)
- Cantique des tourterelles (Écriture, 2004)
- Le Tango de la haine (Gallimard, 1999)
- Tambour-Babel (Gallimard, 1996)
- L’Homme au Bâton (Gallimard, 1992)

Poésie :

- Dit de la roche gravée (Mémoire d’encrier, 2008)
- Africa-Solo (Éditions A3, 2001)
- Babil du songer (Ibis Rouge, 1997)
- Boucan de Mots Libres / Remolino de palabras libres (Casa de las Américas, 1991)
- Salve et Salive (Casa de las Américas, 1991)
- Au verso du silence (L’Harmattan, 1984)

Ecrits pour la jeunesse :

- Lettre ouverte à la jeunesse (Éditions Jasor, 2001)
- La soufrière (Hurtubise, 2001)
- L’écran rouge (Gallimard (jeunesse), 1998)
- Coulée d’or (Gallimard (jeunesse), 1995)

- Retour au sommaire


Présentation de Le soleil pleurait

spip_logo« Quand le malheur ouvre sa gueule de caïman, ses dents sont sans pitié ! Pardon pour Marie-Soleil ! Miséricorde Seigneur ! Qui veut comprendre doit tenter de reconstruire une histoire qu’elle porte en elle comme un boulet de silence. Il faudra piéter des mangroves de choses non dites, récolter des bribes. Sonder l’impénétrable d’Haïti et plonger dans l’obscur. Je ne suis là que pour emboîter des paroles rapportées. C’est mon travail. J’effile ma langue sur des mensonges et je bobine le tout pour obtenir un racontage plausible. Nous savons tous que la vérité est une mendiante. Belle parole n’a pas de maître mais la mauvaise a toujours un visage. Loués soient les raconteurs !? »

La jeune Régina, une belle mulâtresse, est kidnappée un beau matin à cause de son teint clair, voilà tout le malheur de Marie-Soleil. Sur cette terre sans mercis où les mythes tiennent lieu d’explications, la lutte pour la survie exige des talents hors du commun ! Le raconteur consigne ici le malheur humain pour pénétrer davantage le mystère de la survie !

 Source : http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article7088

__________________________________________________________________________________________

« L’homme est à inventer chaque jour »

(Jean-Paul Sartre)

 

__________________________________________________________________________________________

 

partager : 
  envoyer :  envoyer l'article par mail   imprimer :  Version imprimable de cet article
Par Mots d'Ivoire - Publié dans : A - Communauté : Mots d'Ivoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés