Makenzy Orcel ou Poète solitaire

Publié le par Mots d'Ivoire

Biographie

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© Elise Jacob

A vingt huit ans, Makenzy Orcel est l’un des grands espoirs de la relève littéraire en Haïti. "Ce poète solitaire", comme le qualifie Rodney Saint-Eloi, a fait de sa poésie un cri, pour donner une force littéraire et une voix à cette rage qui l’habite. "Je suis né fâché, j’ai été fâché toute ma vie. C’est cette colère qui m’a donné envie d’écrire." De la colère, mais pas seulement. Car la poésie de Makenzy Orcel, héritière de la tradition littéraire haïtienne, transforme la vie en musique et dévoile la beauté des choses en quelques phrases épurées. "Il y a aussi de la magie, dans ce qu’on voit, ce qu’on entend et surtout ce qu’on lit."

Makenzy Orcel est né en 1983 à Port-au-Prince. Après des études de linguistique, il abandonne l’université pour se consacrer à la littérature. Il publie deux recueils de poèmes, La Douleur de l’étreinte en 2007 et Sans Ailleurs, en 2009. Un recueil traversé par les thèmes de la nuit, de l’enfermement, et de l’ailleurs.
Comme des nombreux écrivains qui ont vécu le séisme de 2010, Makenzy Orcel a voulu témoigner, et mettre sa plume au service de la force et de la dignité de son peuple. C’est aux prostituées de Port-au-Prince, ces "immortelles" qu’il a rendu hommage, celles dont la voix ne s’est pas fait entendre à l’heure de la médiatisation de la catastrophe. "Je ne veux pas écrire sur ce que tout le monde voit, et ce que tout le monde aime, ça ne m’intéresse pas. Je veux être dans le sous-bassement des choses. Des lettres, de la société, de tout. Haïti, c’est un pays d’ombre, et je puise dans l’ombre."

Les Immortelles est son premier roman, brodé comme un recueil de prose. Les paragraphes épurés qui se découpent sur la page blanche recèlent toute l’intensité et la violence de la douleur. Les latrines

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Bibliographie :

- Les latrines (Mémoires d’Encrier, 2011)
- Les Immortelles (Mémoire d’Encrier, 2010)
- A l’Aube des traversées et autres poèmes (Mémoire d’Encrier, 2010)
- Sans Ailleurs (Arche Collectif, 2009)
- La Douleur de l’étreinte (Deschamps, 2007

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Présentation de Les latrines

Un quartier délabré, des latrines et des voix se répondent en écho. Les radoteurs de la place d’Armes refont le monde. Les confidences. Les misères. Les tracasseries. Les amours. Les folies. Les exils. Les voix s’entrecroisent, tantôt graves, tantôt intimistes, dans ces mille et une nuits de la vie port-au-princienne. C’est à l’ombre des latrines que chaque personnage se cherche une histoire, une humanité, une conscience et une identité. Le roman Les latrines, métaphore d’une société aux prises avec ses démons, ses failles et ses joies, donne voix et corps aux damnés de la terre. Résultat : un regard puissant, subversif, sans concession. Lisez ce nouveau prodige de la littérature haïtienne, découvrez cette voix insolite.


Présentation de Les Immortelles

spip_logo Le roman Les immortelles est une traversée de la ville de Port-au-Prince après le violent séisme du 12 janvier qui a dévasté Haïti. Une question simple : que sont devenues les immortelles, ces prostituées de la Grand-Rue, qui font métier d’amour, de chair et de désirs ?
Après le séisme, les sauveteurs ont pensé à tout : à l’eau qui manque, aux enfants orphelins, à la terre qui a tremblé et aux gens sous les décombres. Mais qui s’est soucié des putes de la Grand-Rue ?

La petite. Sa mort m’a laissé un grand vide. Je dirais même, un vide irréparable. Tous ces corps en sandwich, disloqués entre les masses diffuses de béton armé. Tous ces cris qui appellent Jésus. C’est la première fois que j’entendais autant de gens appeler Jésus. Que j’ai vu autant de bras tendre vers le ciel.

L’auteur Makenzy Orcel établit son quartier général à la Grand-Rue. C’est de là qu’il capte les mouvements, la musique et surtout les silences. Les bordels ont disparu. Les putes et les clients avec. Dans cette atmosphère confuse, de multiples voix se déploient : une jeune femme, un écrivain, une mère-maquerelle, des proxénètes. Et on entend clairement la foule des petites gens qui montent la garde autour du sexe et du plaisir. Un roman singulier, beau et caustique. Tout est esquisses, silhouettes et épures dans ce temps éphémère et fragmenté de Port-au-Prince. L’auteur porte un éclairage singulier sur ces femmes qui maintiennent le feu sacré du plus vieux métier du monde dans un pays abandonné à lui-même, malgré promesses et illusions.

Revue de presse :

- "Les immortelles de Makenzy Orcel (éditions Mémoire d’encrier) est assurément un livre remarquable. Je dis un « livre » car il est difficile de le classer dans un genre précis. Roman ? Poème ? Récit ? C’est tout cela à la fois malgré la sobriété du texte qui nous plonge dans la vie, la survie, de la Grand-Rue, après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti." Montray Kréyol, Ernest Pépin, 28 janvier 2011

- "Par son texte subtil et qui sait se garder des stéréotypes, il reconstruit à l’envers de ce désastre un texte qui se cabre contre le délitement et l’effondrement. Mais il le fait non pas à partir d’une table rase, ou bien du constat enfantin de la malédiction, mais bien depuis l’intériorité de ses personnages, éperdus d’amour et de désir de vivre, et qui résistent, décidément insoumis, à l’emprise de la mort." Yves Chelma, Cultures Sud, 2011

Lire des interviews de Makenzy Orcel :

- "Rencontre avec un écrivain qui a décidé de tout transformer par la poésie". Cyberpress.ca, 17 décembre 2010

- Rencontre avec Rodney Saint-Éloi et Makenzy Orcel sur le site France-Antilles, 27 janvier 2011.

 

Source : http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article7008

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« Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu’il faut. »

(Albert Camus, Les justes)

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