Ernest Pépin, "laveur de mot"

Publié le par Mots d'Ivoire

 

Biographie

Ce "laveur de mot", comme il se qualifie lui même, est l’une des grandes voix de la littérature guadeloupéenne, qui puise son inspiration dans les traditions orales et musicales de son île natale pour donner à voir la réalité antillaise.

Dans son autobiographie, Coulée d’Or, Ernest Pépin raconte son enfance et sa découverte de la lecture et de l’écriture : « Il y avait des livres pour pleurer, des livres pour rire, des livres pour faire peur, des livres pour vivre trop fort, trop vite, trop bien. Il y avait des illustrations qui m’attiraient, me repoussaient, me parlaient. Et je touchais la « peau » d’un livre comme on caresse une fiancée. Un jour, j’en étais sûr, j’allais écrire ! »

Ernest Pépin est né en 1950 au Lamentin, en Guadeloupe. Tout comme Chamoiseau et Raphaël Confiand, il se réclame écrivain de la créolité. Après un premier recueil de poèmes en 1984, il publie Boucan de mots libres, recueil bilingue couronné par le le prestigieux prix "Casa de las Americas". Sa poésie profondément caribéenne se fait tour à tour chant, cri, dit de la roche gravée.

Le poète se fait également romancier. Il remporte en 1997 le prix RFO avec Tambour-Babel, son second roman, qui réhabilite le personnage du "tanbouyè", le joueur de tambour qui fait résonner les rythmes africains des origines. Ernest Pépin s’inspire également des croyances populaires, comme dans l’Homme au Bâton, où une espèce de démon s’introduit dans les chambres des vierges pour les dépuceler et les rendre enceintes. En 1999, le Tango Infernal est le récit d’une guerre entre les sexes, la séparation douloureuse d’un couple, Abel et Nika, qui ont vécu vingt ans ensemble.

En 2010, Toxic Island explore les problèmes contemporains de la drogue et du désarroi de la jeunesse antillaise. Une plongée dans la modernité qui s’orne pour l’occasion d’une langue résolument crue.

Après avoir été professeur de français, critique littéraire, animateur d’émissions sur France 3, consultant à l’Unesco, il occupe aujourd’hui le poste de Directeur des Affaires Culturelles au Conseil Général de la Guadeloupe depuis mars 2001. Le soleil pleurait est son septième roman : un voyage à Haïti, où la jeune Régina est kidnappée un matin, à cause de son teint trop clair...

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Bibliographie :

Romans :

- Le Soleil pleurait (Vents d’Ailleurs, 2011)
- Toxic Island. Fort-de-France (Desnel, 2010)
- L’Envers du décor (Le Serpent à Plumes, 2006)
- Cantique des tourterelles (Écriture, 2004)
- Le Tango de la haine (Gallimard, 1999)
- Tambour-Babel (Gallimard, 1996)
- L’Homme au Bâton (Gallimard, 1992)

Poésie :

- Dit de la roche gravée (Mémoire d’encrier, 2008)
- Africa-Solo (Éditions A3, 2001)
- Babil du songer (Ibis Rouge, 1997)
- Boucan de Mots Libres / Remolino de palabras libres (Casa de las Américas, 1991)
- Salve et Salive (Casa de las Américas, 1991)
- Au verso du silence (L’Harmattan, 1984)

Ecrits pour la jeunesse :

- Lettre ouverte à la jeunesse (Éditions Jasor, 2001)
- La soufrière (Hurtubise, 2001)
- L’écran rouge (Gallimard (jeunesse), 1998)
- Coulée d’or (Gallimard (jeunesse), 1995)

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Présentation de Le soleil pleurait

spip_logo« Quand le malheur ouvre sa gueule de caïman, ses dents sont sans pitié ! Pardon pour Marie-Soleil ! Miséricorde Seigneur ! Qui veut comprendre doit tenter de reconstruire une histoire qu’elle porte en elle comme un boulet de silence. Il faudra piéter des mangroves de choses non dites, récolter des bribes. Sonder l’impénétrable d’Haïti et plonger dans l’obscur. Je ne suis là que pour emboîter des paroles rapportées. C’est mon travail. J’effile ma langue sur des mensonges et je bobine le tout pour obtenir un racontage plausible. Nous savons tous que la vérité est une mendiante. Belle parole n’a pas de maître mais la mauvaise a toujours un visage. Loués soient les raconteurs !? »

La jeune Régina, une belle mulâtresse, est kidnappée un beau matin à cause de son teint clair, voilà tout le malheur de Marie-Soleil. Sur cette terre sans mercis où les mythes tiennent lieu d’explications, la lutte pour la survie exige des talents hors du commun ! Le raconteur consigne ici le malheur humain pour pénétrer davantage le mystère de la survie !

 Source : http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article7088

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« L’homme est à inventer chaque jour »

(Jean-Paul Sartre)

 

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