Paradis du mal, un fruit mûr détaché méticuleusement de l'arbre millénaire.

Publié le par Mots d'Ivoire

 

J'étais aussi fier qu’heureux lorsque, par une tendre matinée tout ensoleillée, le poète s'était donc rendu chez moi pour me confier l'honorable tâche d'écrire la préface de son deuxième livre de poèmes. Alors, sans la moindre hésitation, j'ai accepté sans nourrir pour autant en moi la vaine et futile prétention de passer au peigne fin toute la cargaison de son art. Donc, mon dessein est simple. Il est, pour ainsi dire, celui attirer avec soin l'attention des futurs lecteurs sur l'œuvre poétique de Glaude Japhet.


En effet, après les « Fleurs noires de l'existence », le poète poursuit son parcours littéraire ténébreux à travers une écriture acide, frénétique, iconoclaste, incongrue, cauchemardesque, révoltante où la lumière devient lointaine. Somme toute, avec ce présent recueil, au titre combien contrasté : « Paradis du mal », le poète, sous l'emprise du désespoir, nous livre le secret de son âme troublée. Dans un langage teinté d'amertume mais clair et un style, disons, impeccable où les mots se font chairs, ce malade de la nuit, le promeneur solitaire dira-t-on, clame sans crier gare le non-sens de tout. D'abord, de la vie, ensuite de la morose monotonie des plaisirs d'ici-bas :


 « Des fois, chez nous tout est monotone et livide. Rien ne bouge, a l'orée des jours, sur les arbres ».


 Désormais, dans le ciel du poète, le radieux et généreux soleil de l'existence cesse carrément de luire. Cependant, dans le noir, il guette l'inconnu, cherche un repère, un quelconque asile sûr où confier son âme moribonde. En fait, ce lieu favorable au repos de son être, il se trouve dans l'alcool, sa bouteille qu'il vénère d'ailleurs :


« Ma bouteille, je te souhaite pour ton accueil .Qui se dépose sur le vase basané »


Tout compte fait, « Paradis du mal » est sans conteste un fruit mûr détaché méticuleusement de l'arbre millénaire. En somme, le faiseur de rêves, l'éminent prestidigitateur, bref, l'auteur de ce petit livre convie ses lecteurs, j'en suis sûr à son paradis, un paradis infiniment hanté par le mal.


Paradis du mal, préface de Yacinthe Valmy

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